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Fonte de la banquise : entre inquiétude et incertitudes 

Le 03/10/2012
Fonte de la banquise : entre inquiétude et incertitudes

Chaque été la fonte de la banquise est observée et mesurée. En 2012, l’étendue de la banquise n’était plus que de 3,4 millions de km² au plus fort de l’été. Une fonte record qui inquiète les scientifiques.

Plus de 30 ans de données scientifiques
Sentinelle du changement climatique, la banquise Arctique est scrutée par le National Snow Ice Data Center (institut de surveillance américain) depuis 1979. Depuis cette date, la fonte la plus importante avait été observée en 2007 avec une superficie estivale de seulement 4,17 millions de km². Cette année, la banquise a perdu près d’un million de km² supplémentaire, ne s’étendant plus que sur 3,4 millions de km² ; un niveau de fonte que les scientifiques n’attendaient pas avant 2020 ! Mais au delà de la diminution de cette superficie, c’est également l’épaisseur de la glace restante qui inquiète les scientifiques.

Une « catastrophe mondiale » à l’horizon 2016 ?
Peter Wadhams, professeur à l’université de Cambridge, redoute un effondrement et une fonte totale de la banquise aux alentours de l’été 2016, soit bien avant les dernières prévisions du GIEC (groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui évoquait l’année 2080. La paléo-climatologue Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CNRS, se montre en revanche plus réservée sur l’imminence de cet effondrement. Rappelant l’aspect vivant et évolutif des sciences climatiques et de leurs modèles, elle s’accorde cependant sur une disparition estivale de la banquise dans la première moitié de ce siècle.

Le Groenland également touché
Autre fait inhabituel, les données de la NASA indiquent un dégel (mais pas une fonte) de 97% de la surface gelée du Groenland à la mi-juillet de cette année. Habituellement le dégel estival concerne seulement 40% de la surface de l’île. Conséquence directe, les scientifiques ont observé le détachement d’un iceberg du glacier Petermann, situé sur la côte nord-ouest. Un phénomène courant à cette saison si ce n’est que l’iceberg en question représente deux fois la superficie de Paris.

Des conséquences globales... mais incertaines
La compréhension actuelle de la machine climatique de notre planète doit encore faire face à quelques incertitudes et inconnues. Jean-Claude Gascard, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (CNRS, université Paris-VI), indique cependant que la disparition estivale de la banquise faciliterait l’arrivée de masses d’air polaires sur l’Europe. La circulation des courants marins, basée notamment sur les variations de température des océans, risque également d’être affectée. Une chose est sûre, « sur ces sujets, nous manquons encore de données », indique M. Gascard.

A consulter, le site du National Snow Ice data Center

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