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"Le handisport entre au coeur de l'entreprise" 

Le 08/11/2016

 A l'approche de la Semaine européenne de l'emploi des personnes handicapées (SEEPH), Sébastien Ruffin, Délégué Général de Premiers de Cordée, fait le point sur les actions de sensibilisation menées par l'association.

 

Génération responsable : Premiers de Cordée sensibilise à la différence et entend favoriser l’insertion des salariés en situation de handicap. Quelles sont vos moyens d’actions ?

Sébastien Ruffin : Nous faisons entrer le handisport au cœur de l’entreprise à travers le basket fauteuil, l’athlétisme et le cécifoot. L’objectif est double et complémentaire : sensibiliser au handicap les équipes qui testent ces disciplines encadrées par un éducateur et développer la cohésion d’équipe via une approche managériale menée dans le cadre de formations professionnelles.

Le handisport est une façon de raccrocher l’entreprise et ses process aux leviers de la performance. Les passerelles semblent évidentes car performer s’applique au quotidien professionnel. Il faut travailler ses points forts pour dépasser ses points faibles. Nous nous servons de la stratégie du sport de haut niveau pour nourrir nos interventions. Les parrains de Premiers de Cordée (Ndrl : Thierry Omeyer, Bacary Sagna, Maxime Médard, Nathalie Péchalat et Stéphane Houdet) portent cet engagement et cette exigence.

D’ailleurs, les retours d’expérience sont positifs. Que ce soit chez Afnor, Safran, l’Etablissement Français du Sang (EFS) ou encore Coca-Cola Entreprise, chaque séance a permis de créer du lien entre les participants et de les mobiliser sur la question du handicap. Nous constatons qu’un seul pré-requis est nécessaire : les collaborateurs ne doivent pas participer à marche forcée. La sensibilisation doit être accompagnée d’une communication en amont qui prépare l’adhésion.


GR : De quelle façon la pratique du handisport en milieu professionnel concourt à améliorer le Vivre-ensemble ?

SR : Le sport en soi participe à la problématique du Vivre ensemble car la dépense physique développe la sécrétion d’endorphines, source de bien-être. Si on est déjà bien avec soi-même, on est mieux avec les autres ! Le handisport découle de la même logique, même si chaque discipline a ses spécificités.

En athlétisme déficient visuel, on travaille dans la relation de confiance entre deux individus. Un collaborateur à qui on aura masqué la vue est guidé par un collègue et inversement. En terme de dialogue, il faut parler le même langage pour réussir l’accompagnement et faire preuve de rigueur et de précision dans l’échange. L’appréhension doit être maîtrisée et dépassée.
Dans le cécifoot, la démarche, similaire à l’athlétisme, est appliquée à un sport d’équipe. De plus, avec les grelots du ballon, la cécité est compensée par l’audition. Cela permet de développer ses sens.

Quant au handifauteuil, le message est « la vie ne s’arrête pas au fauteuil ». Sur le terrain comme dans la vie, on mouille le maillot. Ces expériences contribuent à changer le regard sur le handicap et à gagner en tolérance face à la différence.

Et dans ces conditions de jeu, une fois sur le terrain, personne ne maîtrise à 100% : tout le monde est au même niveau, ça met à l’aise et ça rend humble. S’immerger avec ces contraintes donne à voir le quotidien des personnes en situation de handicap. Et cela force aussi le respect.


GR : Le HandiCube permet d’expérimenter dans un contexte professionnel une situation de handicap. Quels sont les retours d’expérience des volontaires qui se sont prêtés au jeu de l’immersion ?

SR : Le HandiCube est issu d’un constat de départ : avec les ateliers handisport en entreprise, nous faisons sortir les salariés de leur environnement de travail. L’idée est d’aller plus loin dans l’expérimentation du handicap en investissant le poste de travail. Nous proposons le concept autour de trois handicaps visibles via des accessoires :

• Des paires de lunettes pour simuler un handicap visuel
• Des casques pour diminuer l'audition
• Des attelles bras et jambes pour reproduire un handicap moteur

Avec un dé à lancer, le collaborateur tombe, par hasard comme dans la vraie vie, sur un type de handicap puis va poursuivre ses taches. Il constate que ça ne l’empêche pas de travailler mais que ses missions et son mobilier doivent être adaptés à son handicap fictif. Les managers sont également sensibilisés à l’insertion des salariés non valides et aux conditions de leur réussite professionnelle.

Cette expérience est aussi l’occasion d’évoquer les handicaps invisibles qui concerne 80% des cas de handicap. C’est un « Vis ma vie » qui aide à la réflexion et lève les tabous.


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Site web de l'association Premiers de Cordée

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